vendredi 7 août 2009

Reportage : Villejean ville morte

Voici une série de photos prises lors du blocage de la faculté de Villejean, à Rennes, en ce début d'année. C'est un bastion de la constestation étudiante en France. Les étudiants français dénonçaient, entre autre, la loi LRU sur l'autonomisation des facultés. Quand je me suis rendu à Villejean, au mois de mars, la mobilisation commençait à s'essouffler. Néanmoins, le bâtiment était toujours occupé et portait les stigmates de plusieurs mois de lutte sociale. Visite guidée à "Rennes Troie", la faculté alternative.



Comme on peut l'apprécier sur la photo ci-dessus, la facade du hall principal de l'université est à elle seule un trésor de détails et d'informations. On comprend plein de choses, avant même de mettre les pieds à l'intérieur du bâtiment. Je profite qu'il n'y ait personne pour prendre cette photo, car les bloqueurs n'aiment pas trop les photographes...

La petite table, devant la porte sert de bureau lors des assemblées générales. A gauche, on distingue un tableau avec le planning des actions de la semaine. Le "A" encerclé, symbole de l'anarchisme trône fièrement contre un pilier, sous lequel on peut lire "anarchie" et "fac autogérée". Au dessus de la porte d'entrée, un écriteau fait allusion aux révoltes des étudiant grecs : "A Athènes comme à Rennes". Par ailleurs, on ne le voit pas sur l'image mais, au sommet de la facade, se trouve un énorme "Vive la Commune", slogan de la mobilisation. La faculté est en grève et ça se voit.

A l'intérieur, c'est un véritable musée du graffiti et de l'anarchisme. Sur une vitre on peut lire "Il suffit de 100 personnes qui s'aiment pour faire la révolution"(photo ci-dessus). Ce slogan résume bien l'état d'esprit qui règne au sein des personnes mobilisées. Après cette photo, quelques jeunes étudiantes sont venues me voir dans le but de savoir si j'étais un espion envoyé par la police... Autre exigence de leur part : flouter les visages si par hasard je prenais une personne gréviste en photo. Puisque je n'ai pas pris de bloqueur en photo pour éviter de me faire démolir l'appareil, le problème est réglé.



Autre photo : le blocage des amphithéâtres. Devant chaque porte d'amphi, tables et chaises barrent l'entrée, le tout accompagné de quelques graffitis.

Dans les longs couloirs de l'université, c'est la même chose. J'ai même été surpris par le vide et le silence des bâtiments. 15.000 étudiants en moins, cela se sent. Cela deviendrait presque oppressant, comme si quelqu'un nous observait, à l'image de cet autocollant.

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